La sagesse

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La sagesse désigne le savoir et la vertu d'un être. Elle caractérise celui qui est en accord avec lui-même et avec les autres, avec son corps et ses passions (vertus de tempérance, de modération et de justice), qui a cultivé ses facultés mentales, tout en accordant ses actes à ses paroles.

Chez les philosophes grecs, la sagesse (« sophia » en grec) est un idéal à atteindre et à expérimenter. Plusieurs chemins sont possibles.

Les Stoïciens et les Epicuriens parlent de la maîtrise des désirs et de la connaissance de ce qui est de notre ressort et de ce qui ne l'est pas. Les Sophistes évoquent la relativité de la vérité qui s'élabore dans le discours, dans le débat agonistique, dans le maniement de la rhétorique, de la logique et de la résolution des contradictions.

L'obscur Héraclite propose des aphorismes qui mettent en lumière le perpétuel mouvement des choses, changement qui nous force à rechercher les solutions adaptatives les meilleures et auquel on doit s'acclimater (« Tu ne te baigneras pas deux fois dans le même fleuve »).

Chez les Académiciens, il s'agit de rechercher le Souverain Bien et Aristote propose avec prudence les activités contemplatives et théorétiques pour y arriver. Socrate prône la cogitation, l'humilité, l'acceptation de son ignorance et le respect absolu des lois de la cité, en l'occurrence : Athènes. Pré-socratique, Parménide examine dans un poème les chemins de l'être, celui du non-être et la possibilité d'un troisième chemin. Les Cyniques insistent sur la notion de joie individuelle, d'ascèse et de liberté (« Ote-toi de mon soleil » disait ainsi à Alexandre le Grand le philososphe cynique Diogène de Sinope ).

Ces considérations de sagesse ne sont en rien exclusives à la pensée occidentale. On les retrouve chez des auteurs aussi divers que le philosophe Confucius, le prince et dramaturge indien Sudraka, le poète et mathématicien persan Omar Khayyam, l'auteur d'un des livres de la Bible, Qohelet, l'Ecclésiaste, identifié au Roi Salomon, etc.

En Orient, mais aussi dans l'Occident antique, les sagesses sont parfois difficiles à distinguer des démarches religieuses, notamment parce qu'elles se pratiquent (ou ont été pratiquées) à l'échelle d'une communauté d'individus partageant la même pensée. Bouddha peut par exemple être regardé comme un maître de sagesse ou bien comme le fondateur d'une religion.

La sagesse chrétienne de l'Antiquité tardive et du Moyen Age n'échasse pas à cette ambigüité; les premiers moines comme les philosophes plus tardifs (Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin...) ont visé, à travers leur foi religieuse, à l'idéal de sagesse, parfois en se référant explicitement aux philosophes gréco-romains. Et les communautés monastiques ont elles aussi le plus souvent été fondées par des sages (au sens classique du terme).